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Thierno Lo sur l’affaire de la caisse d’avance « Khalifa a donné l’occasion au pouvoir de le mettre en mal de façon légale »

Ancien Ministre du Tourisme sous Wade et présentement allié du Président Sall, Thierno Lô a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, il est revenu sur le procès de Khalifa Sall, jeudi prochain, le secteur du tourisme, la déclaration de politique générale du Premier ministre, entre autres sujets d’actualité. Morceaux choisis.

Procès Khalifa Sall

L’affaire Khalifa Sall va me permettre de parler globalement d’une chose. Au Sénégal, nous devons savoir que le pouvoir, c’est Dieu et le peuple qui le donne. Quand vous voulez être Président de la République, il faut répondre aux besoins des Sénégalais par un bilan. Quand vous voulez le pouvoir, il faut avoir des programmes alternatifs et laisser aux Sénégalais juger. La compétition et l’adversité politique ne doivent pas nous pousser à nous entredéchirer parce que nous partageons le même pays. Dans l’affaire Khalifa Sall, il faut que les Sénégalais arrêtent de faire des confusions si nous voulons avoir un Etat fort et qui fonctionne. L’IGE est une institution que nous avons mise en place et qui est pilotée par des Sénégalais professionnellement bien assis. Après enquête, ils remettent ça au Président de la République qui va décider de la suite. Khalifa Sall a donné l’occasion au pouvoir de le mettre en mal de façon légale. Ne pas le dire c’est être malhonnête. Il a fauté et l’Etat l’a utilisé. Mais l’Etat pouvait dire que Khalifa Sall est un compagnon qui m’a aidé à accéder au pouvoir, donc je ne vais pas utiliser cette arme contre lui, par élégance.

Discours de politique générale du Premier ministre

Quand un Premier ministre vient à l’Assemblée nationale, il doit forcément faire un bilan et il doit décliner une vision. Il doit faire rêver. Il doit proposer à la représentation parlementaire qu’est-ce qu’il a envie de faire pour le développement du Sénégal et il faut l’encourager. La seule chose qu’il faut corriger, c’est le comportement de notre Assemblée nationale. Je pense que le rôle d’un député n’est pas de faire l’éloge d’un ministre. Ils passent tout leur temps à faire l’éloge des ministres et à se soucier de l’opposition pour dire que tout est bon, tout est parfait et ils n’acceptent pas la critique. Leur rôle, c’est de pousser les ministres jusqu’à leurs derniers retranchements pour qu’ils puissent traduire fidèlement la volonté et la lettre de mission du Président de la République. Ce qui est décliné par le Premier ministre, ce n’est pas lui qui va l’exécuter sur le terrain. Ce sont les ministres qui vont être porteurs de ces projets pour montrer plus de dynamisme, de cohésion, de complicité avec les Sénégalais. La représentation parlementaire doit les contrôler.

Le secteur privé peut-il répondre favorablement à l’appel à l’investissement lancé par le Premier ministre ?   

Je trouve qu’il y a un diagnostic très clair qui a été fait. Il y a une vision qui est déclinée et le Pse est un très bon programme. Sur le plan de la conception, les gens n’ont rien à dire. Le problème, c’est la mise en œuvre. Vous ne pouvez pas aller vers l’émergence sur le dos des entreprises sénégalaises. Il y a deux problèmes qu’on doit régler si nous voulons développer notre pays. Moi, quand je parle de secteur privé, je parle du secteur privé national. Il n’y a que le secteur privé qui est à même de créer des emplois. Il n’y a que le secteur privé qui permet à l’argent de circuler. Il n’y a que le secteur privé national qui peut développer le Sénégal parce qu’on fige nos capitaux, on ne les exporte pas. C’est un premier élément majeur vers l’émergence. Deuxième chose, le secteur privé doit être organisé. Ce secteur, organisé avec de véritables capitaines d’industrie, aurait pu gagner tous les chantiers de Diamniadio. Je jure sur le Coran on n’a pas besoin des autres. Si on m’avait confié Diamniadio, je l’aurais fait avec le secteur privé national. J’ai fait 34 ans de secteur privé. Je sais relever des défis et je sais comment monter des projets. Je sais aussi où tirer des capitaux. On n’atteindra jamais l’émergence avec cette façon de faire.

La paternité de l’aéroport de Ndiass

Ces gens qui ont des positions partisanes jusqu’à avoir des comportements qui n’ont rien d’une élégance républicaine, qui n’assure pas la continuité de l’Etat, ne sont pas bons. C’est des gens qu’il ne faut pas associer même dans le développement du pays. Parce que quand vous refusez la continuité de l’Etat, vous ne comprenez rien et vous ne pouvez pas aller de l’avant. La plus grosse tare des pays africains c’est le manque de continuité. Quand vous nommez quelqu’un, il faut qu’il vous dise que ça c’est bon, ça je corrige. Mais, il passe tout son temps à disséquer les tares de son prédécesseur. Ainsi, va-t-il faire un an sans rien produire. On vous nomme pour que vous faites plus que votre prédécesseur. J’ai fait un post sur facebook pour saluer la grandeur des deux Présidents de la République. Wade a eu une idée généreuse et c’est quelqu’un qui a toujours cru aux infrastructures. Il a convaincu les Européens et il croit aux innovations. Il a ainsi commencé l’aéroport international Blaise Diagne. Le Président Macky Sall a trouvé l’idée pertinente et c’est bon pour le pays. Il l’a continué et il l’a inauguré. L’histoire retiendra les noms de Macky Sall et d’Abdoulaye Wade avant même de parler de Blaise Diagne.

Hausse des recettes dans le secteur du tourisme

Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre a parlé réellement des valeurs du tourisme dans notre économie. Parce que c’est ce qui m’a toujours opposé avec les services du Ministère de l’Economie et des Finances. Je réclamais qu’on mette des moyens dans le secteur du tourisme parce que ce sont des investissements qui sont rentables. Nous avons des curiosités à vendre et nous pouvons en tirer le profit. J’ai vu que le Président de la République, à travers son gouvernement, porte une importance particulière à ce secteur. Je ne citerai pas tout ce qu’il a fait pour le crédit hôtelier, ce qu’il a fait pour la Casamance à en faisant une destination spéciale, le fait d’avoir une fois présidé l’ouverture de la journée du tourisme et aujourd’hui, les chiffres avancés ne me surprennent pas. Grâce à sa transversalité, le tourisme apporte beaucoup de sous au Sénégal. Notre position géographique, nos multiples curiosités et sa stabilité font que notre pays est très bien placé pour accueillir des touristes. On parle de 1,2 million de touristes, soit une augmentation de 20%. Ça ne me surprend pas parce que la destination le mérite. Je partage largement le point de vue du Premier ministre.

L’objectif c’est d’atteindre 1,5 million de touristes en 2018 et 3 millions en 2023

C’est réalisable si on remplit certaines conditions. En matière de tourisme, celui qui voyage, il budgétise pour dire exemple : j’ai 700 euros, où est-ce que je peux aller ? Et il regarde la compétition des destinations. Nous, nous sommes à quelques heures de vol de pays comme la France (…). Maintenant, il faut jouer sur le prix de la destination. Faire de telle sorte que le billet soit abordable. Faire de sorte qu’au niveau de nos hôtels, que les prix soient attrayants. Créer un environnement sain et développer les pistes qui mènent vers les sites touristiques et associer les populations dans l’exécution, dans le suivi et dans la maintenance touristique pour que nous puissions en faire une valeur très partagée. En faire ce que nous appelons un tourisme durable. Il faut également qu’on développe notre tourisme religieux. Il faut tout faire pour que le tourisme religieux ne se limite pas au Magal de Touba, au Maouloud etc. Nous devons faire en sorte que nos enfants musulmans puissent aller en Arabie Saoudite pour faire du tourisme ou dans les autres pays musulmans (…).

Que peut entraîner le mauvais fonctionnement du secteur du tourisme ?

Son mauvais fonctionnement va nous coûter énormément de choses. Il y a beaucoup d’activités au Sénégal qui se développent grâce au secteur du tourisme. Si on prend les jeunes qui font de l’aviculture, de la volaille, des œufs, mais ils vendent dans les hôtels. Si vous prenez les « taxis clando » au niveau des hôtels ainsi que l’artisanat, ils vivent aussi du tourisme. Et maintenant, il y a la transformation de nos produits agricoles. Le tourisme a dépassé l’ère où les serviettes, les boissons et tout nous viennent d’Europe. De nos jours, les gens s’approvisionnent en poisson, « bissap », « bouye », bref tous nos produits locaux sont transformés et utilisés au niveau des hôtels. Un tourisme qui vient au Sénégal, il met minimum 50.000 francs par jour. Ensuite, il visite tous les villages environnants et les parcs. Donc, sa transversalité est une source de revenus. Le secteur du tourisme fait bouger tous les secteurs.

Cheikh Moussa SARR

Source: www.rewmi.com

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