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Souleymane est un jeune guinéen qui a son petit business dans le quartier résidentiel de Point E. Il vend des fruits depuis maintenant 4 ans et s’en sort pas mal avec des revenus mensuels atteignant un salaire de cadre sénégalais.

Cela fait 10 ans que j’ai quitté la Guinée pour venir travailler au Sénégal. J’ai débuté comme la plupart de mes compatriotes avec la vente de bonbons au marché Petersen. Je gagnais par jour entre 500 et 1500 francs Cfa, il pouvait arrivé que je vende moins de 500 francs aussi. J’habitais à la Médina dans une maisonnette de trois chambres et un salon avec plus de 35 personnes dont la plupart venait des pays frontaliers du Sénégal particulièrement du Mali et de la Guinée Conakry.  J’ai persévéré dans mon métier de marchand ambulant à la gare routière se Petersen jusqu’au jour où un de mon oncle qui est propriétaire de plusieurs boutiques à Dakar m’a confiait une de ses boutiques.

J’habitais à la Médina dans une maisonnette de trois chambres et un salon avec plus de 35 personnes…

J’ai passé là bas 3 ans 7 mois à travailler d’arrache-pied et j’ai pu amasser l’argent qu’il me fallait pour ouvrir mon propre business. C’est comme ça que j’ai commencé à aller au marché « Syndicat » de Pikine pour acheter des bananes, pommes et autres fruits que j’exposais sur une table, tout dépendait des saisons. Je me suis installé  à Grand-Yoff à côté de l’école Yacinthe Thiamdoum. C’est là bas que mon petit commerce à vu le jour et avec une petite clientèle et les passagers qui prenaient cette rue. En 2012, j’ai eu la chance de connaître un monsieur à qui j’avais vendu 4 kilogrammes de pommes bien fraîches. Il était très sympa avec moi et m’a proposé, après une longue discussion de venir m’installer au Point E. Je lui ai rétorqué que là bas il était difficile de trouver un bon endroit libre parce que c’est un quartier huppé. Il m’a par la suite révélé que leur vendeur de fruits avait décidé de rentrer dans son pays natal et que la place était restée inoccupée depuis des années. Je lui ai fait savoir que cela m’intéressait vraiment et que j’aimerai bien pouvoir découvrir le lieu qu’il m’a proposé. J’ai récupéré son numéro et je lui ai dit que je passerai inchallah pour voir ce qu’il en était.

Je peux vendre jusqu’à 40.000 francs Cfa…

Par la suite, les choses se sont vite déroulées car c’est 2 jours après que j’ai découvert la place avec le monsieur et je me suis installé là bas. Et depuis, machallah, je ne le regrette pas. Mon négoce s’est fructifié avec des clients qui ont un pouvoir d’achat élevé, j’en remercie le bon Dieu. Par jour, je peux vendre jusqu’à 40.000 francs Cfa pour en tirer des bénéfices qui tournent entre 12.500 et 15.000 francs Cfa. Je paye mes impôts comme tout bon vendeur et j’ai ma nationalité sénégalaise depuis 2013. Je suis maintenant un bon citoyen sénégalais (rires). Durant tout le temps que j’ai fait au Sénégal, le travail a toujours été mon passe temps. J’ai quitté mon pays pour réussir et aider ma famille qui se trouve actuellement en Guinée. J’ai laissé mes parents, mes jeunes frères et sœurs que je n’ai pas revu depuis mon départ. Dix années, une décennie, c’est beaucoup, mais tant que je pourrai subvenir à leurs besoins je serai heureux.

J’invite les Sénégalais à s’inspirer du modèle guinéen…

C’est dans mes prévisions d’amener un de mes frères, lui apprendre le métier. Quand il sera bien dans le bain, j’irai au pays pour voir ma famille et revenir avec une Guinéenne à la longue chevelure (rires).  J’invite les Sénégalais à s’inspirer du modèle guinéen. Tout ce que nous, Guinéens, faisons comme boulot, les Sénégalais peuvent le faire. Le commerce est un métier béni par le prophète (SAW) et toute personne le faisant dans la sobriété s’en sortira inchallah…

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