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Procès Imam Ndao : L’accusé, Mactar Diokhané nouvel avocat de Imam, « Même Messi a … »

Matar Diokhané, présumé cerveau de la bande à l’Imam Ndao, jugée pour terrorisme, était à la barre, ce mardi. Critiqué, lors de son audition, sur sa barbe fournie, il a répondu avec humour.

« Ma barbe n’est pas très fournie. C’est juste à la mode. En Europe, des jeunes laissent maintenant pousser leurs barbes. Même Messi (Lionel) en a », a-t-il dit en réponse aux questions de Me Mounir Balal. Qui l’a aussi questionné sur son appréciation des confréries, notamment le mouridisme et la tidjanniha.

« Je n’ai rien contre les confréries. Je n’en veux pas aux croyants des autres religions. Je n’en veux à personne. J’ai des amis chrétiens même. D’ailleurs, j’ai un surnom que l’un d’eux m’avait donné, c’était « khou-the line » (Khou diminutif de Makhar et « the line » (en anglais la ligne) pour montrer la proximité qu’il y avait entre les communautés musulmanes et chrétiennes dans le film « The messager ». C’est dire que je respecte tous les croyants des religions révélées », dit-il.

Parlant de l’imam Ndao, il témoigne d’un homme pacifique, sans histoire. « Je sais que l’imam Alioune Ndao est un homme religieux pacifique. Il n’est pas ce genre de personne qui pervertisse les populations. Dans ses propos, il répète sans cette l’amour que les gens ont de leur foi. Il dit qu’il leur faut juste un peu de soutien », indique-t-il.

Ceux qui s’attendaient à ce que Matar Diokhané enfonce l’Imam Ndao dans le procès du terrorisme ont vite déchanté. Le présumé cerveau de « l’installation avortée » d’une cellule jihadiste au Sénégal a blanchi le maître coranique kaolackois qu’il reconnait avoir connu après son déménagement à Kaolack. « C’est lorsque j’ai quitté Dakar pour poursuivre mes études à Kaolack que je l’ai connu. J’allais chez lui pour approfondir mes connaissances; il m’a mis en rapport avec Alioune Sall (…) De temps en temps, je me rendais chez lui pour prier et écouter ses prêches », confie Matar Diokhané. Le juge en profite pour dire à la défense que le tribunal utilise le titre d’Imam par souci de déférence à Alioune Ndao. Cette précision évacuée, le président invite Matar Diokhané à édifier le tribunal sur ses réelles intentions en rendant à son retour du Nigéria des visites répétitives à Imam Ndao. L’accusé répond qu’il y est allé à deux reprises pour mettre le religieux au courant des décisions qu’il avait prises au Nigeria et qui consistaient à lui confier ses compatriotes qui ont décidé de rentrer pour les préserver des manipulateurs. « Mais je ne l’ai pas vu », ajoute Matar Diokhané qui ne se souvient pas d’avoir versé de l’argent au « sage ». « Même pour mon fils adoptif qui était dans son daara, je ne lui versais rien », renchérit-il, apparement décidé à laver Imam Ndao. Le juge déterre les confessions faites à l’enquête et selon lesquelles il aurait rapproché les positions de l’Imam Ndao et d’Al Qaida sur le jihad. Mais là aussi, Matar Diokhané, très méthodique, fait savoir que « des positions rapprochées ne veulent pas dire positions partagées ». Sur ce, le juge lui demande s’il n’a pas besoin de quelques minutes pour se reposer. Une invitation bien accueillie par l’accusé d’autant plus qu’il se présente comme un non initié en combat. C’est sur ces mots que l’audience a été suspendue jusqu’à 15 heures.

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