Connect with us

Sports

Exclusif : Serigne Mbaye Thiam : « Je vais démissionner si… »

Appelé à se prononcer sur le dénouement annoncé de la crise scolaire, le ministre de l’Éducation nationale, Serigne Mbaye Thiam, a salué la pacification présente que vit l’École sénégalaise. Y consacrant la majeure partie de son intervention, dans La GrandeInterview diffusée sur Sen Tv, il est allé jusqu’à envisager sa démission, sous certaines réserves. Et politiquement parlant, ès qualité de chargé des élections du Parti socialiste, il n’a pas manqué de se prononcer ouvertement sur la succession d’Ousmane Tanor Dieng… voire de Macky Sall. Décryptage.

«CERTAINS ALLIÉS N’ONT JAMAISDIGÉRÉ QUE CE MINISTÈRE SOIT CONFIÉ AU PARTI SOCIALISTE»

Se réjouissant d’emblée de humer un air de décrispation au niveau de l’espace scolaire sénégalaise, Serigne Mbaye Thiam s’est, dans La Grande Interview accordée à Sen Tv, engagé à démissionner de ses fonctions de ministre de l’éducation nationale. Sous réserve que les syndicats les plus représentatifs acceptent de signer avec lui un pacte, dans l’intérêt supérieur du Sénégal. Politiquement certains alliés n’ont jamais digéré que ce ministère soit confié au Parti socialiste. Il y a des intervenants qui tiennent un discours objectif, mais il y en a d’autres qui parlent parce qu’ils veulent mon fauteuil… Moi je ne suis mû que par la volonté de servir mon pays. D’ailleurs, si les six syndicats d’enseignants grévistes les plus représentatifs et le syndicat des inspecteurs se réunissent et disent de manière conjointe qu’ils réclament mon départ, je suis prêt à présenter ma démission illico presto. Toutefois, cela s’inscrirait uniquement dans l’intérêt supérieur de ce pays.

Parce que comme j’ai eu à le dire, le départ de nombreux ministres de l’Education nationale a été exigé et obtenu sans pour autant que les problèmes de l’École ne soient circonscrits. Simon départ devait induire un apaisement absolu de la situation au profit des élèves je signerais direct. Je suis prêt à signer ce pacte avec les susnommés, si toutefois ils peuvent garantir que la prochaine génération d’élèves connaîtra un cycle normal sans grèves. Que les élèves qui rentreront au Ci en 2018 puissent avoir la garantie d’obtenir sans perturbations un master en2036. Ce qui coïncide d’ailleurs avec le point de chute du Plan Sénégal émergent en 2035. Je suis prêt à rendre le tablier s’ils sont prêts à signer ce pacte», assène Serigne Mbaye Thiam.

JE NE SUIS PAS EN TRAIN DE DEGAGER MA RESPONSABILITE»

Notant que «les problèmes d’Éducation, au-delà du Sénégal, se posent partout, notamment dans des pays africains qui nous entourent et qui traversent des contextes similaires», Serigne Mbaye Thiam a tenu à faire le point sur les engagements signés entre l’Etat du Sénégal et les enseignants. Il a, dans la même veine, tenu à préciser que certains problèmes de l’École sénégalaise relèvent de ministères autres que celui de l’Education. L’an dernier nous sommes restés une année sans grèves parce que l’État avait commencé à respecter ses engagements. Et il faut retenir que sur les 15points, il n’y a que 2 ou 3 points qui relèvent du ressort exclusif du ministère de l’Éducation nationale. Les autres relèvent de plusieurs autres démembrements du Gouvernement. Dans cette perspective le Premier ministre a d’ailleurs demandé à tous les ministères concernés de se réunir tous les mois avec les syndicats. Et il a lui-même pris l’engagement de rencontrer les syndicats tous les trois mois pour assurer le suivi de l’état de mise en œuvre des accords.

Cette approche consensuelle démontre que le président de la République est engagé à assurer le respect des engagements. Je ne suis pas en train de dégager ma responsabilité en faisant ce constat, car le Gouvernement est un organe solidaire et collégial et je me réjouis des efforts consentis par les différents ministères pour décanter cette situation», assure-t-il. Non sans se réjouir d’être resté aussi longtemps en fonction au ministère de l’Éducation nationale. «Le ministre de l’Éducation nationale qui est resté le plus longtemps en poste est André Sonko, de 1991 à 2000.Après Moustapha Sourang est resté en place de 2001 à 2008 environ. Le suivant est Abdou Kader Fall qui a occupé la fonction de 1977 à 1983. Et à l’heure où je vous parle présentement je suis, en termes de longévité, le suivant sur la liste des ministres à qui la confiance a été autant réitérée. Et au-delà de ma personne, il n’y a aucun ministre de l’Education nationale dont les syndicats n’ont pas réclamé la tête», ajoute-t-il.

«26 JUIN CFEE, 19 JUILLET BACCALAUREAT, 24 JUILLET BFEM»

Présentant la pacification durable de l’année scolaire comme un défi majeur, le ministre de l’Education nationale n’a pas manqué de défendre le bilan du régime en place. Même si tout n’est pas rose, admet-il, il faut quand même selon lui reconnaître les efforts incessants en la matière depuis 2012. Et il faut reconnaitre, plaide-t-il, qu’auparavant, la question aurait dû être traitée avec davantage de diligence. «Je ne le dis pas pour jeter le discrédit sur les régimes précédents, mais la politique de massification que l’on a adoptée à travers l’augmentation du nombre d’élèves, du nombre de classes dans le système, ainsi que le nombre d’enseignants dans des conditions où la formation n’était pas des meilleures a un impact clé sur la qualité de nos relations professionnelles au niveau de l’École. Je le dis pour poser les bases d’une réflexion constructive, car auparavant les enseignants n’avaient pas tous ces problèmes dans l’évolution de leur carrière. L’administration n’a pas su prendre en temps et en heure les dispositions idoines pour garantir la stabilité d’un système sur-sollicité pour régler de manière diligente un certain nombre de préoccupations. Par ailleurs, Serigne Mbaye Thiam s’est avancé, à titre provisoire, sur le réaménagement du calendrier scolaire. Il a, à ce propos, laissé entendre que sous réserve d’une réunion multipartite qui se tient en ce début de semaine, le document à lui transmis par les techniciens en charge du dossier plaide en faveur du baccalauréat le 19 juillet, des 26et 27 juin pour le Cfee, et du 24 juillet pour ce qui a trait au Bfem.

«JE N’EXCLUS PAS DE BRIGUER LASUCCESSION D’OUSMANE TANOR DIENG»

Ès qualité de chargé des élections du Parti socialiste, Serigne Mbaye Thiam n’a pas manqué de se prononcer sur l’actualité politique qui est marquée, entre autres, par la tenue imminente ( ?) du congrès du Parti socialiste. Congrès lors duquel la succession du secrétaire général Ousmane Tanor Dieng pourrait être ouverte et entérinée. «Quelles que soient les difficultés de l’heure, le Parti socialiste jauge ses forces à intervalles réguliers, organise un congrès en temps et en heure, ce qui n’est pas le cas de tous les autres Partis. Nous vendons actuellement nos cartes, et ce qui s’est passé en 1996 – 1995 (le fameux congrès sans débat du Ps, Ndlr) est derrière nous. Ceux qui y avaient pris part sont peut-être dans d’autres camps actuellement. Je dirige la commission en charge du suivi des cartes, chaque coordination se réunit régulièrement et nous tirerons un bilan sous peu pour savoir quand se tiendra notre congrès. Il faut que nous vendions les cartes, que nous redynamisions les structures à la base.

Et ce congrès devrait se tenir au plus tard en juin – juillet», assure celui qui n’exclut pas de briguer la succession d’Ousmane Tanor Dieng. Jurant ne pas faire de fixations sur le secrétariat général du Ps, il indique toutefois être dans les dispositions d’y accéder si la base souveraine lui réitère sa confiance. «Jusqu’au niveau des plus petites structures du Parti, à savoir les comités composés de25 militants, la démocratie interne est de mise. Je puis vous garantir qu’Ousmane Tanor Dieng aurait préféré passer le flambeau en 2014, mais peut-être que son départ à cette période aurait créé une certaine fracture, raison pour laquelle les socialistes lui ont clairement renouvelé leur confiance. Le choix reviendra de nouveau aux militants lors du prochain congrès, suite au renouvèlement des instances à la base, notamment les coordinations et les Unions régionales qui permettront aux uns et aux autres de se jauger», note le chargé des élections du Parti socialiste.

«LE PARTI SOCIALISTE GARDE INTACTE SON AMBITION DE REVENIR AU POUVOIR»

Toujours politiquement parlant, s’il ne tenait qu’à Serigne Mbaye Thiam, le candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle de 2019 sera Macky Sall. «Je ne peux pas avoir été ministre de son gouvernement durant sept ans, gérer le secteur névralgique de l’Éducation et m’opposer à son bilan dont je suis solidaire. De manière globale il est logique, à mon avis, qu’il soit notre candidat. Nous sommes dans le même groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar, nous avons voté toutes les lois qu’il a mises sur la table, des ministres socialistes siègent dans le gouvernement… Le programme de modernisation des villes religieuses était inscrit dans le programme Tanor 2007 et le Président Macky Sall l’applique. En outre le Pudc, le Puma, la Couverture maladie universelle et les bourses de solidarité familiale sont des mesures éminemment socialistes…Ceci dit, le Parti socialiste n’est pas un parti qui présente un candidat juste pour avoir un candidat. Le Parti socialiste ne présente pas de candidature de témoignage. Mais le Parti socialiste n’en garde pas moins intacte son ambition de reconquérir le pouvoir au moment opportun», conclut Serigne Mbaye Thiam.

Advertisement
Cliquez pour commenter

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité